Le
Serment
La petite Fanny
Creutz et sa mère assises auprès du feu cousaient pendant le soir. La petite faisait un petit mouchoir pour son
père, grand
fournisseur de Bruges, tandis que sa mère rafistolait une chemise.
L'hiver s'approchait et les nuits devenaient plus froides
mais elles, toutes les deux, étaient
contentes de la vie. Jamais
n'avaient-elles connu des soucis, et Fanny avait grandi avec tout le luxe de la
vie abrie.
La famille Creutz habitait une grande maison
dans une des rues les plus à la mode de Bruges. La maison
avait à peu près douze
chambres et ainsi que la famille il y avait telles six ou sept domestiques, qui
faisaient presque une partie de la famille eux-mêmes.
A six
heures la mère somma la jeune domestique Brigitte pour apporter le
chocolat. Elles burent en silence, et
quand elles eurent fini Madeleine dit à la petite -
Il est le temps
de te coucher ma chère -
Non Maman - répondit Fanny, puis-je ne rester avec toi jusqu'à le revenir de Papa.
Il faut que tu
t'endormes maintenant - fait la Maman, Papa ne voudra s'accommoder de toi quand
il reviendra.
Et Fanny t’en alla à sa chambre, mais à minuit elle fut
réveillée par un bruit dans la maison au rez-de-chaussée qui répercutait le long de la maison.
Elle s’élança au palier duquel elle vit sa mère, qui la regardait avec un visage épouvantable.
Qu'est ce qui se passe!- dit la petite fille, mais pas
une parole ne dit sa mère. Enfin
Brigitte la reprit à sa chambre.
Brigitte! Brigitte! Que fait Maman!
Ma pauvre petite - répondit Brigitte, son père a eu un accident, sa calèche a
bouleversé.
Est-il fort blessé ? – dit Fanny
Mais
Brigitte se taisent et Fanny, du coup, comprenait la vérité. Son père était mort. Désormais sa vie serait différente.
Désormais elle ne jouerait plus de piano chaque nuit pour
son père, ni encore
marchèrent-ils au bord
du lac dans la grande parque de Bruges.
Six mois plus
tard elle roulait avec sa mère dans la nouvelle calèche la longue de la rue au-dessous les grands platanes qui bordaient les
maisons.
A cette époque-la sa mère était forte riche. Son mari, grand fournisseur qu'il avait été,
avait le fait des legs de plusieurs milles du franc. Sa rente dépassait cinq cent mille francs
chaque année.
Mais elle n'était pas heureuse parce qu'elle était une
femme qui avait besoin d'un homme; elle avait besoin des petits soins que
personne qu'un homme ne peut pourvoir; elle avait besoin de la flatterie, de
l'attention et de l'amour.
Auprès de
la calèche, monté à cheval se promenait son amant. Il s'appelait Gaston, Baron de Puig, un homme
des Haut-Pyrenées, et c'est un homme de grande taille et d'allure imposant. Il est un homme aux cheveux noirs, comme
charbon, et ses favoris, noirs et frisés aussi, couvraient son visage de peau
olive comme une marée de mousse foncée au bord de la mer.
Continuellement Fanny le suivit des yeux avec un regarde
si bizarre que si sa mère l'ait remarqué, elle aurait été étonnée. Mais elle ne remarquait pas cela. Elle n'avait que les yeux pour Gaston. Gaston qui a gaspillé toute sa fortune à
parier aux chevaux, et dont la réputation était fameuse: grivoise, dévergondé,
taré, pas convenable pour une jeune veuve.
Madame Creutz savait tout concernant l'amour,
mais ne savait rien de la vie et elle ne savait rien des hommes. Elle allait épouser Gaston et qu'est ce qu'arriverait à elles-mêmes, elle
et Fanny, alors.
Il était
le 7 juillet 1863, l'anniversaire de Fanny, elle avait dix-huit ans. Pour célébrer cette journée Fanny, sa mère et
son nouveau beau-père dînait. Convaincu
de son bonheur Madame Creutz s’était marié à Gaston depuis trois mois. Que pensait Fanny à ses événements? Pendant le repas Brigitte amenait les
plats. Elle était une forte jolie jeune
fille de tels vingt deux ans, avec les yeux presque noirs comme ses
cheveux. Naguère elle était toujours le
bon enfant, mais maintenant elle paraissait très triste, mais pas triste
exactement, plutôt au fond navrée par un grand malheur. Fanny remarquait cela, et elle regardait
aussi Gaston; elle remarquait que Gaston montrait un intérêt spécial pour la
fille de chambre.
Sans être encore une fille de grand age, elle comprenait
exactement les pensées de Gaston, et
quand ils eurent fini le dîner, elle chercha à parler avec
Brigitte.
Qu'est ce qu'il
se passe entre vous et beau-papa - dit-elle ?
Rien! - répondit Brigitte, mais ses yeux trahissent
l’émotion de son âme. Fanny se tut et
attendait.
Mais,
continua Brigitte, et après quelques secondes, je pense qu'il veut que je fasse
les choses que je ne veux pas faire. Si
je soumettrais, il m'avilirait et je serai perdue. Et j'ai peur de ce qu'il ne fasse, il a un
vieux poignard avec une lame tranchée dont il tripote continuellement. Mais je ne suis qu'une domestique, je suis
pauvre, si je quitte cette position jamais n'obtiendrais-je autre place, et
elle fondit en larmes sur l'épaule de Fanny.
La nuit tomba, et
elles se couchèrent.
Il est le lendemain.
Fanny, qui s'est levée de bonne heure, est dans le jardin. Debout, elle regarde fixement le gazon. A ses pieds est le corps de Brigitte, presque
morte, avec sa chemise de nuit déchirée par la lame d'un couteau
tranchant. Elle gisait sur l'herbe, nue
comme un sacrifice vierge aux anciens dieux.
Fanny regarde fixement une mare de sang figeant
auprès de la
cuisse de la jeune fille, dont la couleur cramoisi fait un grand contraste avec
le blanc pur de la peau. Elle suit des
yeux le ruisseau de sang qui traverse la plaine du ventre et coule entre le
marbre blanche et lisse de son sein à sa source.
Une seule
plaie dans le cou, faite par un coup de poignard, de laquelle le sang jaillit
comme une fontaine. Comme elle tend de
respirer le trou dans le cou gargouillait, et elle vomisse les grands caillots
de sang figés qui sont en train de l'étouffer lentement. Ses lèvres se crispent convulsivement et elle
les bouge en silence avec des mots incompréhensibles. Tout d'un coup son dos cambre, avec un spasme
qui est la comble de son agonie, et ses yeux montrent toute l'horreur d'une âme
qui sait qu’aujourd’hui est le premier jour de son mort. Le jour évanouit de ses yeux. Elle est morte.
Douze mois plus tard Fanny était assise auprès du lit de
sa mère. Les mois depuis le meurtre
étaient épouvantables. Gaston avait
était arrêté comme assassin. Il y avait
un grand jugement, et Madame de Puig avait obtenu le premier avocat dans le
pays. Enfin le jugement était
non-coupable et Gaston était revenu chez lui.
Mais les
troubles avait l’affaibli. Elle avait
devenu poitrinaire et elle connaît que la phtisie la tuerait bientôt.
Elle parlait à Fanny.
- Tout le monde croit que Gaston est assassin. Quand je suis mort, c’est ton devoir de leurs
montrer qu'il n'en serait pas. C'est ton
devoir. Afin de faire cela il faut que
tu ailles avec Gaston à son château dans les Hautes-Pyrenées, et que tu y vives
avec lui.
Cette requête frappa Fanny comme un coup de foudre. Habiter avec Gaston! Mais Maman je n'en puis cela. Tout le monde connaît ses péchés!
C'est ton
devoir. Tu dois me jurer. Jure au livre santé que tu iras avec Gaston.
Mais Maman il n'est pas respectable, d'habiter avec tel
que Gaston, bien qu’il soit mon beau-père.
Sa sœur
vous accompagnera - ajouta la mère, elle est femme respectueuse. C'est ton devoir. Jure un serment solennel sur le livre santé.
Et Fanny prit la bible et jura de n’habiter avec Gaston
pour jamais.
Deux mois
plus tard Madame de Puig était morte, et Fanny, Gaston et sa sœur Antoinette
partit pour les montagnes.
Il était midi, et Fanny errait dans le jardin de sa
nouvelle maison. Le paysage était tout
différent de celle de son ancien domicile.
Dans le jardin la chaleur du soleil embaumait l'air avec le parfum des
thyms, et des romarins. Elles
regardaient les plantes étranges; les cistes et les serpolets, et elle vit à la
distance les hautes montagnes des Pyrénées.
Pour peu que je puisse en aller aux hautes sierras, se-dit elle, alors,
peut-être puis-je oublier tous ces évènements épouvantables, et perdre le
fantôme qui me hanter pour jamais.
Mais
Gaston avait lui défendu de quitter le domaine, et même si elle l'avait désiré,
le domaine était entouré par une grande muraille, sans porte sauf une, qui
avait la grande grille fermée à la clef.
Pour peu
que j'aie quelques amies, pensait-elle, mais il n'y avait que deux
domestiques. Ugoline, une vielle servante
de la cuisine et Hugo le garde-gibier, qui aussi travaillait dans le
jardin. Ni l'un ni l'autre parlait
français. Dans ces partes tout le monde
ne parlait que le provençal.
D'une haute fenêtre Gaston la regardait des
jumelles. Il pensait à ses cheveux d'or,
qu'entouraient son visage d'un ange comme l'aurore d'aube. Comme un ange, se dit-il, et les yeux suivit
l'esquisse de sa taille, si jolie et si petite, et arrêta sur la peau de sa
gorge, lisse et blanc, il pensait au poignard de naguère dans le jardin à
Bruges. Le poignard qui pouvait couper
de la chair. Et sa bouche se tarit et il
pourlécha silencieusement. Il remplaça
les jumelles et revint à sa chambre.
Bien moi
en pris que j'aie tel domaine. Elle sera
sauf là. Elle ne se dérobera point.
Quelques mois plus tard Fanny était dans le jardin
encore, quand Hugo s'approcha d'elle. Il
balbutia rapidement en provençal, que Fanny ne comprit pas. Alors il la donna une petite lettre. Fanny l'ouvrit et lut:
Mlle Fanny. Je suis la sœur de Hugo. Le prêtre de la ville m'a apprit à parler un
peu de français. Mon frère m'a dit que
vous vous en tenez au jardin du grand château.
Je trouve qu'il n'est pas bonne chose que vous n'avez pas des
amies. Or, mon frère m'a dit aussi qu'il
y a une porte secrète sous la muraille de la parte plus distante de la
muraille. Hugo a obtenu deux clefs pour
la porte, et si vous voulez bien il vous montrera l'endroit ou nous pouvons
faire rendez-vous.
En lisant cette
lettre Fanny hocha la tête violemment et
indiqua à Hugo de lui
montrer l'endroit.
Quand elle fut
arrivée la sœur de Hugo était debout devant la petite porte demi cachée par la broussaille.
Bonjour, dit-elle très poliment, je m'appelle
Mathilde. Elle était toute petite, mais
néanmoins déjà à soixante ans presqu’une femme.
Elle avait des cheveux noirs, comme tous les catalanes, et les yeux
bruns et grands et la peau la couleur d'olives.
La
première fois que Fanny la vit, elle sut que Mathilde fût quelqu'une fort
spéciale pour elle.
Venez ici, dit Mathilde, la porte est ouverte. Et elle conduit Fanny par dessous la muraille
et dans le paysage d'environs.
Fanny la
suivit et les toutes deux montèrent la colline voisine et après dix minutes de
marcher elles vinrent à une petite maison blanche, la maison de Mathilde et
Hugo. Ses parents étaient morts, et ils
habitaient cette maison tout seul.
Pendant les
semaines suivant Fanny faisait visite à Mathilde plusieurs de fois, et le lien entre elles accroissait jusqu'au
temps que Fanny savait que Mathilde était la petite amie dont elle avait besoin.
Pourtant trois
mois plus tard Gaston demanda à Fanny de venir à son bureau. Il était hors de lui et s'emporta avec elle.
Je comprends - dit-il - que tu quittes la domaine et
visites la soeur de Hugo depuis trois mois du moins, quand je l'ai te défendue
à faire une telle chose. Fanny ouvrit ta
bouche, mais Hugo l'arrêta. Ne pas
essayer de le nier, cria-t-il, Hugo m'a dit tout. Il m'a donné sa clef, et la porte sera fermée
à clef désormais. Avant que tu puisses
obtenir un autre je ferai bloquer la porte demain.
Soudain
Fanny rendit compte que Gaston ne savait aucun de l'autre clef que Hugo a lui
donnée. Cette clef était dans sa poche, et
elle le poignait avec souci.
Et aussi, ajouta Gaston, il faut que ma soeur quitte le
château aujourd'hui au résultat des affaires de la famille. J'attends à ce qu'elle ne revienne que la
semaine prochaine.
Mais ne t'en fais pas, Ugoline, quoiqu'elle soit
bien vielle et un peu sourde, est ici, et - ajouta-t-il après une
pause - je te soucierai.
Et il prit le poignard et tripotait avec le
point doucement.
Fanny
revint au Jardin. Elle savait que Gaston
la regardait des jumelles, mais elle avait prévu cette situation et avait
arrangé avec Mathilde une méthode pour envoyer un message à Mathilde en
catimini. Elle griffonna la brève
message sur une bribe de papier, et la fourra dans un trou dans la muraille. Mathilde sût qu'elle put obtenir la papier de
l'autre coté de la muraille. Pour peu
qu'elle pût de venir.
Cette nuit Fanny se couchait dans son lit. La nuit était claire avec une grande
lune. Elle pensait à ce jour de jadis,
dans le jardin à Bruges. Il y a tel longtemps à ce qu'il la semble maintenant. Elle pensait au poignard et le corps de
Brigitte et son esprit revint à la douce sensation de sa peau blanche et la
couleur claire du sang. Elle pensait à
ce qu'il sentît quand la lame entrât le chair, glissant lentement et d'une
façon lisse par la peau douce comme soie.
Son coeur battait vite et fort comme elle pensait, elle ne pouvait
dormir.
Soudain
elle entendit les pas légères, presque pas de loup, sur l'escalier, un, deux,
trois comme il plus et plus s'approcha de sa chambre. Or, elle sut que le temps avait arrivée. Elle dut agir maintenant, ou jamais!
Hors d'haleine elle luttait pour monter la colline, en
fuyant le château elle était descendue l'escalier, avait traversé le jardin et
avec le clef que Hugo lui avait donnée avait passé par la muraille. Or, elle courait pour sa vie. Pour peu qu'elle pût gagner la maison de
Hugo, Hugo la sut. Elle tourna et
regarda la figure avec le poignard qui la suivait. La figure s'approcha d'elle, les jambes
mirent à sentir comme plomb à mesure qu'elle essayait de monter. Mais quelque fort qu'elle s'efforçât, elle
savait que ce fut en vaine, jamais pût-elle ne gagner Hugo. Soudain les jambes ne pouvaient aller plus,
et elle tomba à terre.
Gaston
regarda Fanny au dessus de lui sur la colline.
Il fallait qu'il la rattrapât, sinon il ne voulût pas penser à ce que se
passât. Il était bien fort et il
rétrécit la distance entre eux très vite.
Alors, a mesure qu'il la regardait, elle gagna la comble de la colline
et disparut à l'autre coté. Gaston augmenta
sa vitesse jusqu'a ce qu'il fût épuisé.
Toute haletante il gagna le comble et regarda la scène au dessous.
Trop tard! Fanny
se tint à vingt pieds de lui.
Précisément la même qu'il l'avait vit autrefois dans le jardin à
Bruges. Debout, elle empoignait le
poignard sanglant dans la main. Le corps
de Mathilde gis aux pieds se crispait dans son agonie.
Tout
avait été en vaine. Le jugement quand il
a risqué sa vie pour la sauver. Le mort
de sa mère, qui ne pouvait pas vivre à savoir la vérité de sa fille. Le serment qu'il a juré à sa mère de la
guetter à son château afin qu'elle ne pût tuer jamais encore.
Le tout échoua.
Il s'approcha de Fanny et prit le couteau.
- Pauvre
Mathilde, dit elle, je lui envoyé une message de venir à moi ce nuit, mais elle
ne pût venir encore. Il était meilleur
qu'elle murut, elle fût plus heureuse mort.
Mais bien moi en pris d'être forte, elle courait vite. Mais son chair, si pur, si blanc, précisément
comme Brigitte. Tel chair a besoin du
couteau.
Trois mois plus tard Fanny s'asseyait dans sa
cellule. Condamnée par le tribunal elle
attendait la guillotine. Hugo frappé par
remords s'a donné la mort et Gaston plus lentement se tuait avec d'alcool dans
les bordages de Marseille.
- N'ayez pas de peur, dit son confesseur, Dieu
pardonnera tout.
- Je n'ai
pas besoin du pardon, dit-elle, je n'ai commis aucune péché, Brigitte allait quitter la maison pour
revenir â ses parents et Mathilde ne
pouvait pas me faire visite encore. Mes
amantes n’auraient pût jamais vivre sans moi, et j'aimais à sentir la douceur
de leur peau, la lisse sensation de leur corps contre le mien. Je ne pourrais vivre sachant qu’elle vivait
aussi sans moi.
Elle se dressa et s'approcha de l'attendant échafaud.
Pour un moment elle arrêta et se tourna vers le confesseur.
-Et,
ajouta-t-elle, la mort, c'est si passionnant.
FIN
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